LA COM’ÉTHIK VEILLE … Le mercure dans le thon

Par Françoise BESSON

Dans le 1er Croc Actus, nous avions présenté la commission éthique au sein de laquelle se retrouvent, salarié.es, producteurs, consommateurs et membres du Conseil Coopératif afin de veiller au mieux sur la qualité et l’éthique des produits proposés en épicerie.

Actuellement deux thématiques retiennent notre attention et nous avons à cœur de les approfondir, de les clarifier, de les partager : 

   – Le mercure dans le thon           

   – Le cadmium dans le chocolat

1 – D’où vient cette information « coup de tonnerre » ?

De nombreux médias ont évoqués cette problématique et notre recherche s’est effectuée auprès de nombreuses sources d’infos qui se révèlent  identiques. Ce sont deux organisations non gouvernementales « Bloom » et « Foodwatch » qui ont lancé l’alerte en octobre 2024 suite à des prélèvements et analyses sur les boîtes de thon en Europe. 

Rapidement, huit villes françaises ont interdit le thon dans les cantines scolaires (Paris, Lyon, Renne, Grenoble …) prenant très au sérieux cette information.

2 – Pourquoi du mercure dans le thon ?

Tout d’abord, le mercure existe naturellement, présent à l’état de traces dans notre environnement. Essentiellement rejeté dans l’air par la croûte terrestre, il se disperse ensuite dans les sols, les eaux et les sédiments.

Actuellement, il est renforcé par les activités humaines et particulièrement industrielles qui génèrent une pollution accrue des océans et des mers.

Le mercure fait parti des dix substances les plus préoccupantes pour la santé d’après l’OMS au même titre que l’amiante et l’arsenic.

Le thon est un poisson d’envergure, grand prédateur en fin de la chaîne alimentaire puisqu’il se nourrit d’une multitude de petits poisson eux même contaminés. De ce fait, il accumule les doses de mercure selon le principe dit de bioaccumulation. Par ailleurs le mercure est également concentré lorsque le thon est déshydraté pour être mis en conserve.

La réglementation concernant le taux de mercure dans les poissons est moins exigeante pour le thon. Il est de 0,3 mg/kg pour les petits poissons et le seuil passe à 1 mg/kg pour les plus gros poissons (thon, requin, brochet). Cette différence de norme serait, selon le rapport des ONG « justifiée par des nécessités commerciales alors que la toxicité est similaire » (d’après le Pr. Mergarbane). Force est de constater le nombre impressionnant d’intervenants dans l’établissement des normes de contamination sous l’influence d’un lobbying intense mené par les thoniers.

3 – L’impact du mercure sur notre santé

Le mercure est un neurotoxique qui a un impact important sur le développement cérébral du fœtus et de l’enfant et génère des malformations de tous genres.

Il agit également sur le fonctionnement cérébral de l’adulte.

4 – Que retenir après cette tempête quand on apprécie le thon mais pas forcément le méthylmercure ?

L’ANSE recommande de consommer des petits poissons et d’aller vers ceux qui ont une forte teneur en acide gras. Limiter sa consommation à 2 fois/semaine. Pour les femmes enceintes et allaitantes ainsi que les enfants de moins de trois ans, il conseille de limiter, voir éviter, la consommation du thon et autres grands prédateurs marins.

Pour conclure, c’est à chacun.e de nous d’engager des choix qui respectent notre santé, celle de notre planète bien essoufflée ainsi que de tous les êtres vivants avec qui nous co-habitons.

Terminons par cette phrase qui me touche particulièrement, qui figure sur les sacs papiers de Biocoop « manger est un acte politique et l’on vote trois fois par jour »

A méditer … !

En ce qui concerne le cadmium dans le chocolat nous sommes en pleine enquête et vous livrerons nos conclusions dans le prochain Croc’Actus.

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