par Nell Brice

C’est désormais acté : nous réduisons au maximum les marges sur les produits périodiques à Croc’Bauges, soit une marge à 5 %.
L’idée est venue d’une observation aiguisée : les règles concernent directement une personne sur deux dans le monde.
Autrement dit, durant 500 mois de sa vie, chaque personne menstruée doit prévoir un petit budget pour se procurer tampons, culottes menstruelles et autres protections hygiéniques « patacu» (comme les appelaient nos grands-mères)afin de préserver sa dignité dans une société où voir du sang qui coule n’est pas encore accepté, hélas …
On ajoute à cela les frais médicaux, les médicaments, les vêtements et draps neufs à racheter, la petite bouillotte pour supporter la douleur … Tout cela constitue un vrai petit budget d’environ 3000 euros dans une vie. On peut acheter plein de choses avec 3000 euros, un vélo électrique par exemple, ou bien même de la nourriture !
Car rappelons-le, pour les personnes qui ont déjà des difficultés à s’acheter à manger, se procurer des protections périodiques, c’est déjà s’offrir un produit de luxe.
En effet, avant 2016, les protections hygiéniques étaient sujettes au TVA à 20 %, tout comme la taxe appliquée aux produits de luxe. Que t’achetasses un yacht ou un tampon, tu payais la même taxe, une taxe surnommée d’ailleurs la « taxe tampon », sacré luxe quand même !
Heureusement, des collectifs féministes ont élevé la voix pour restituer un minimum de bon sens et baisser la TVA à 5,5 %, comme pour tous les autres produits de première nécessité, tels que la nourriture.
Cette difficulté à se procurer de quoi vivre sereinement ses règles porte un nom : la « précarité menstruelle », et ce phénomène touche 4 millions de personnes en France.
Il y a déjà quelques avancées dans la lutte contre cette précarité. En France, dès le 1er octobre 2026, les personnes de moins de 26 ans pourront bénéficier d’un remboursement partiel ou total selon revenus, de 2 protections réutilisables par an achetées en pharmacie. On voit également de plus en plus de distributeurs à produits périodiques dans les lieux publics, y compris ici à Croc’Bauges, dans nos toilettes. Des pays comme l’Écosse ont même franchi le cap de leur remboursement total.
Bon, d’ici le remboursement total des protections périodiques en France, on a décidé de faire notre petite part à Croc’Bauges. Parce que nous considérons que les règles ne devraient plus jamais être un tabou, ni un énième sujet d’inégalité entre les sexes, ni même un moyen pour faire du profit.
Après avoir précédemment réduit les marges à 20 % au lieu des 30 % initiaux sur nos tampons, serviettes, culottes, cup et serviettes réutilisables, l’équipe de Croc’Bauges a finalement décidé de vendre les produits périodiques au prix presque coûtant.
Mais pourquoi pas supprimer totalement les marges ?
Parce-que nous sommes obligés par la loi d’appliquer un minimum de marges pour éviter de vendre à perte. Ainsi, nous appliquons désormais une marge de seulement 5 % sur ces articles. En somme, cela signifie que vous trouverez en rayon des produits quasiment au prix auquel nous les achetons à nos fournisseurs, sans que l’on ne se fasse de bénéfice dessus, car la petite marge gardée couvre à peine les charges.
Petit plus, nos protections menstruelles sont moins nocives pour la santé que celles vendues en grande distribution : nos serviettes et tampons sont en coton bio et garantis sans chlore, sans plastique et sans parfum et nos culottes sont certifiées en tissus oeko-tex standard 100. Rien de tel pour prendre soin de nos petites fleurs, c’est le minimum qu’elles méritent, n’est ce pas ?
Arrêtons enfin de nous saigner pour nos règles !
Sources : www.lemonde.fr / lapause.jho.fr / www.regleselementaires.com / www.insee.fr / www.service-public.gouv.fr